Les étapes pour trouver des marques en difficulté sur le RNE
Maintenant que nous avons déterminé ce qu’il fallait rechercher, abordons la partie méthodique : comment s’y prendre pour consulter le RNE et dénicher les opportunités? Croyez-moi, ce n’est pas simplement un coup d’œil à un site web. Il faut avoir un petit plan d’action, un vrai mode opératoire.
Première étape : vérifier la situation administrative
Le point de départ consiste à identifier les coordonnées et le statut légal de l’entreprise. Le RNE fournit l’adresse, la forme juridique (SARL, SAS, etc.), la date de création de la société, ainsi que l’identité de ses dirigeants. Vous pouvez également trouver des informations sur la santé légale : s’il y a un redressement judiciaire, une procédure de liquidation ou encore des changements de dirigeants suspects en cascade, c’est potentiellement la preuve d’une crise interne.
Personnellement, je me rappelle avoir consulté les fiches d’une enseigne de maroquinerie qui m’intéressait, car elle semblait avoir un concept original. Le RNE indiquait pas moins de trois changements de gérant en l’espace de six mois. Ça m’a instantanément mis la puce à l’oreille. Il s’avère qu’ils avaient un gros problème de trésorerie qui dissuadait tous les gérants successifs, et malheureusement, ce changement répété de dirigeants avait achevé de semer la confusion. Au final, je décide de passer mon chemin. Il était déjà trop tard pour interveniret stabiliser la situation, à moins d’y injecter un capital énorme avec des garanties incertaines.
Analyser le passif et la trésorerie
La seconde étape consiste à étudier l’historique, les dettes et la trésorerie. Même si le RNE ne vous donne pas toujours un compte-rendu financier ultra-détaillé, il propose souvent des références à des bilans déposés que vous pouvez ensuite demander, ou vous indique les principales procédures en cours. Lorsque vous aspirez à reprendre l’enseigne, vous ne pouvez pas faire l’économie d’un examen approfondi de ses passifs. En tant que repreneur, vous héritez en partie de ces créances, sauf si la cession est organisée d’une manière spécifique où vous ne rachetez qu’un fonds de commerce (et non la structure juridique endettée). Dans ce cadre, la distinction entre achat de titres (actions/parts) et achat d’actifs (fonds de commerce) est cruciale.
J’ai un peu vécu cette dichotomie lors d’une proposition de reprise pour un petit bar à smoothies. L’ancien gérant souhaitait que je reprenne les parts de sa société, or elle était plombée par un gros emprunt bancaire et diverses dettes fournisseurs. La seule formule qui m’intéressait était la reprise du fonds, c’est-à-dire la marque, l’emplacement, les clients sans pour autant récupérer la coquille juridique. Nous étions sur deux chemins diamétralement opposés. Finalement, on n’a pas trouvé d’accord satisfaisant. Cela montre bien qu’il est essentiel d’étudier le passif et la trésorerie dès le début des négociations pour savoir quelle structure de reprise est la plus favorable.
Les documents à demander pour un audit complet
Au-delà des informations brutes que le RNE peut vous présenter, vous devez exiger une documentation plus fournie, notamment les bilan et compte de résultats sur plusieurs exercices, le(s) dossier(s) de procédure judiciaire en cours et tous les contrats principaux (bail commercial, contrats de franchise, etc.). Dans un rachat, un bail mal ficelé peut vous priver de perspectives de croissance ou vider votre trésorerie si le loyer est trop élevé. J’ai connu un cas où le commerce semblait attractif, mais le bail prévoyait une indexation édifiante sur un indice fluctuant, provoquant une hausse automatique de 15 % du loyer tous les trois ans… Sur le papier, c’était intenable.
L’audit peut être mené par vos soins et/ou avec l’aide d’experts indépendants. Par exemple, vous pouvez engager un expert-comptable, un avocat d’affaires et, dans certains cas, un consultant en stratégie retail. De mon côté, j’avais justement fait intervenir un cabinet spécialisé qui m’a permis de repérer un abonnement quasi-invisible, mais très coûteux à un service de logistique externalisée un peu fantôme. Sans ce coup d’œil curieux, j’aurais hérité d’ardoises mensuelles de quelques milliers d’euros. Mieux vaut prévenir que guérir !